Pensée dans le métro à la fin du mois

04/02/2016

 

Les vibrants hommages à David Bowie, Michel Galabru, Michel Delpech, Alan Rickman et les autres semblent bien humains, naïfs et cyniques. On regrette ainsi un drogué aux cheveux rouges au point d'envoyer des pétitions à Dieu et on espère survivre en 2016 parce que "franchement cet enchaînement de morts ça fait beaucoup" ! 

Elles vont donc nous manquer toutes ces personnalités, mais aussi à toutes les personnes mortes de froid ce mois-ci, tous les migrants morts sur la route de l'espoir européen, tous les Kurdes qui se battent sans relâche contre Daesh, toutes les victimes de l'attentat de Ouagadougou et toutes les âmes perdues ce mois-ci.

Les disparitions des artistes sont toujours une occasion de parler d'eux, de leur vie, leur œuvre, leur gloire. C'est le cas pour toutes les personnes connues et décédées. Ainsi, nous avons besoin de ces héros mystiques dont les vies témoignent de belles et palpitantes histoires.

Il faut dire que l'histoire du présent et de l'ordinaire est triste, source de problèmes et d'incertitudes.

 

Janvier fut long et lassant. A l'anniversaire de la grande manifestation suivant les attentats de Charlie, nous avons eu droit à une chanson de Johnny Hallyday, chantée à huis-clos un dimanche pluvieux place de la République.  Un spectacle effarant loin de représenter "l'esprit du 11 Janvier". Un esprit qui semble se consumer à petit feu comme un évènement déjà trop ancien, trop optimiste, trop tolérant. On préfère la sécurité de l'état d'urgence et, pour se sentir vraiment citoyen et bien en sécurité, il ne nous reste plus qu'à regarder Johnny à la télé. Comme symbole, on pouvait espérer mieux...

Un débat a occupé et divisé nos ducs et duchesses socialistes : la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France ou non, s'ils s'avèrent coupable de crimes ou de délits contre la Nation. Un simple symbole car inutile et en rien dissuasif. Un simple symbole qui occupe toutes l'activité médiatique et parlementaire. Un simple symbole dangereux et nauséabond. Un simple symbole qui, au terme des débats entrera en vigueur suite à une magnifique manipulation du chancelier Valls. 

Ces mesures spectaculaires ne sont qu'une mise en scène de la France en guerre, qui ne recule devant rien pour protéger son malheureux peuple. Forte et martiale, cette France défend son territoire aux dépens de ses valeurs. L'état d'urgence va encore être prolongé de trois mois pour conserver une protection étatique nécessaire, et une loi prévoit même d'augmenter les pouvoirs de la police.


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