Etats-Unis : les primaires, comment ça marche ?

Au mois de novembre prochain, les Américains seront appelés aux urnes pour élire leur nouveau président. Après deux mandats, Barack Obama ne peut plus se représenter pour le camp démocrate. Pendant ce temps, une guerre intestine fait rage du coté des républicains pour le choix de leur champion. Explications de ce qu’on appelle communément les « primaires américaines ».
 

 (Fox)
 

Les résultats de l’Iowa sont tombés ce 1 février. Chez les démocrates, deux candidats, Bernie Sanders et Hillary Clinton, sont au coude-à-coude. L’ancienne secrétaire d’Etat a recueilli 49.8% des voix contre 49.6% pour le sénateur du Vermont. Côté républicain, les sondeurs semblent s’être trompés car, contre toute attente, c’est Ted Cruz qui est arrivé en tête avec 28% des votes. La surprise se nomme Marco Rubio qui a amassé 23% des votes. Enfin, le trublion Trump, qui était pressenti comme vainqueur, a réuni 24% des voix, et a par la suite accusé de fraude le sénateur triomphant. Le riche milliardaire a déclaré que Cruz avait induit en erreur des électeurs en signalant que Ben Carson, 4ème du vote, s’était retiré alors que ce n’était pas le cas.


Un système très particulier, et pas très démocratique…
 

Le système des primaires aux Etats Unis est très compliqué, puisqu’il y existe de nombreuses variations entre les Etats. En 2011, en France, nous avons également eu le droit à une primaire à gauche, que François Hollande a fini par remporter, tandis que de nombreux autres partis se livrent à ce rituel régulièrement. Le fonctionnement de la primaire socialiste en 2011 était plutôt simple car il s’agissait d’une élection ouverte en deux tours, le premier le 9 octobre et le second le 16 octobre.  Aux États-Unis, les primaires sont en fait un long processus qui ont commencé le 1er février dans l’Iowa et qui s’achèveront le 7 Juin. Tous les Etats ne votent pas en même temps : le point positif à cela est que les candidats ont le temps de faire campagne dans tout les Etats, et pas uniquement dans les plus importants. Cependant, les Etats qui votent en dernier ne pèsent finalement que très peu dans la balance, puisque le gagnant est souvent décidé avant. Si on devait transposer ce système en France, chaque habitant, de chaque région, voterait chacun son tour selon sa région. Logiquement, plus un Etat est peuplé, plus il pèse lourd dans les votes. Si la dernière région à voter en France était le Limousin, ou la Corse, il n’y aurait plus tellement de suspense vu que ces deux régions ne représentent pas beaucoup d’habitant par rapport à la population française totale. Pire encore, cela donnerait l’impression que les votes de ces régions ne servent à rien.

On serait tenté de dire que c’est la seule différence entre les deux primaires… Mais non, et c’est là où l’affaire se complique grandement. Aux États Unis, les citoyens ne votent pas pour les candidats comme Bernie Sanders ou Hillary Clinton mais pour des délégués, c'est-à-dire des représentants de chaque candidat. Ces personnes désignées s’engagent à voter pour un certain candidat lors de la Convention Nationale qui a lieu en juillet. Mais ces délégués, dans certains Etats, peuvent décider de changer leurs votes. C'est-à-dire qu’ils ont fait campagne pour Sanders, ils ont été élu par des citoyens qui veulent Sanders au pouvoir, mais au final décident de voter Clinton. Pour gagner la primaire, il faut être le candidat avec le plus de délégués. Où alors être le dernier candidat en lisse, ce qui arrive quasi systématiquement, car les autres adversaires abandonnent en cours de route quand il leur est mathématiquement impossible d’être élu.

Chaque parti (démocrate ou républicain) décide du nombre de délégués que chaque Etat comptera, en fonction de leur importance à la présidentielle. Autant dire que le Montana, le Wisconsin où le Dakota du Nord n’ont pas la même importance que le Texas, la Californie ou la Floride. Par exemple, chez les républicains, l’Iowa vaut 30 délégués, Cruz qui est arrivé premier en a remporté 8, Trump et Rubio 7, Carson 3 et enfin Jeb bush, Carly Fiorina et John Kasich 1. Cruz est donc en tête pour le moment mais peut être très vite rattrapé. Le prochain Etat à voter est le New Hampshire, qui lui, vaut 23 délégués chez les républicains.

Par ailleurs, le calcul des délégués n’est pas le même dans chaque État : parfois il sera proportionnel comme dans l’Alabama, mais dans d’autres États, comme la Floride, celui qui a le plus de vote remporte TOUS les délégués, ce qui en fait un État très important à gagner. Enfin, pour en finir avec cette histoire de délégués, il existe également les « super-délégués » qui seront présents à la convention nationale et qui eux peuvent voter pour qui ils veulent. Ils ne sont pas élus mais sont des personnes très importantes dans les partis.



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