Journal satirique d'un étudiant anonyme : 7 février

07/02/2016

 

Cher journal,

Je me retrouve confronté au syndrome de la page blanche. Je ne sais plus quoi t'écrire, je semble arrivé au terme de la mission que je m'étais fixée, celle de t'écrire au moins douze conneries par semaine. Pourtant, plus aucune idée ne coule de la plume de mon stylo, et ma source d'inspiration est aussi sèche que Bernadette Chirac. Ah, la page blanche. Tant d'écrivains illustres ont été touchés par ce fléau. Baudelaire, Flaubert, Racine, Sarkozy, et maintenant moi. Quel malheur d'être dépourvu d'imagination, mais quel bonheur d'être au milieu de ces grands noms. Du coup, je vais tant bien que mal tenter d'écrire quelques bribes de débilité, mais je ne te promets rien, cher journal. Au moins, personne ne me reprochera de n'avoir pas respecté mon programme.
   Cette semaine, j'ai fait ma rentrée. Comme je te le prédisais déjà la semaine dernière, j'ai retrouvé tout les ingrédients qui font le charme si particulier de mon université préférée. Cette odeur de putréfaction quand on entre dans une salle de classe, qui se transforme en parfum d'étable quand on passe devant les toilettes, pourtant neuves. Ces toilettes sont un mystère pour les gens normaux, qui évitent l'endroit, tant il est redouté. En effet, après le ménage qui y est mené, ce lieu se métamorphose en fosse à purin aussi vite que la conscience d'Eric Besson en période d'alternance. Je retrouve également le regard livide de mes professeurs, aussi heureux au milieu de cette cohue estudiantine que Manuel Valls dans un camp de Roms. Un nouveau semestre à enseigner des approximations, des réminiscences de leurs propres études, en sachant pertinemment que personne ne les écoute. Quelle triste existence pour ces hommes et femmes, obligés d'expliquer à Jennifer-Kim, 28 ans, refaisant pour la septième fois sa première année de licence, que le mot constitution s'écrit sans k. Et après, on s'étonne que le taux de suicide chez les enseignants-chercheurs s'approche du taux d'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen. Mais bon, comme dirait ce bon vieux Jean-Marie, c'est toujours drôle de se moquer des Juifs, ne serait-ce que pour voir BHL prendre sa fourche et sa kippa en vue de dégommer les infidèles. Et puis les blagues sur les Juifs, c'est comme Oncle Ben's, c'est toujours un succès. Pour tous les humoristes en herbe de la toile, les pseudo-Dieudonné et autres cyber-flemmards, il est bien plus facile de faire un bon mot sur Auschwitz que de dire des trucs intelligents, ou au moins logiques.



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