Dossier - Les monnaies complémentaires

11/02/2016

On en parle peu, et pourtant elles sont aujourd’hui plus de 13 000 dans le monde : les Monnaies Locales Complémentaires, ou MLC. Leur développement fait suite aux conséquences provoquées par la crise économique de 2008, et s’inscrit dans un mouvement plus large de retour à des valeurs essentielles telles que la solidarité, le développement durable ou l’échange. Retour sur ce phénomène et explication d’un concept peut-être en place dans votre ville.
 

 

Qu’est ce que c’est ?

 

Les monnaies complémentaires sont des moyens de paiement mis en circulation en complément de la monnaie nationale. Elles sont émises et gérées  par les citoyens eux-mêmes, regroupés en associations. La monnaie s’échange au sein de cette association au taux de un pour un : une unité de monnaie vaut un euro. Son cours reste fixe, on ne peut pas l’épargner ni spéculer dessus. Certaines de ces monnaies complémentaires sont même « fondantes » : elles perdent de la valeur si on ne les réutilise pas avant un certain temps. Ce mécanisme existait déjà dans les années 1930 et avait pour but l’incitation à la consommation, mais aujourd’hui il marque symboliquement le refus de l’accumulation.

 

Quels sont leurs effets ?

 

L’objectif de ces monnaies est à la fois économique, social, environnemental, et local. A Toulouse par exemple, les MLC sont un instrument de redistribution sociale : une centaine de foyers bénéficient de « Sols-Violettes » en plus des minima sociaux. Cela permet d’orienter la consommation car seules les entreprises répondant à des critères éthiques et écologiques propres sont intégrés dans le réseau local. Les grandes enseignes y sont ainsi exclues du circuit et les commerces de proximité favorisés. D’autre part, comme elles ne peuvent pas être épargnées, ces monnaies sont en perpétuelle circulation, ce qui entraine une création de richesse plus importante.

 

Les monnaies citoyennes sont également porteuses d’humanité et de valeurs que les monnaies officielles ne représentent plus. Pour Bernard Lietaer, économiste belge cofondateur de l’Euro et fervent défenseur des monnaies complémentaires, le système conventionnel de monnaie ne remplit plus sa fonction première : « le sens premier de la monnaie, c’est l’échange ». Alors que les monnaies conventionnelles favorisent des systèmes où la compétition et le court-terme priment, les monnaies locales permettent de lutter contre les problèmes provoqués par le système actuel. Ainsi, selon les associations, l’accent est mis sur la relocalisation des échanges et la dynamisation du lien social ou encore la promotion d’un commerce respectueux des hommes et de la nature.

 

 

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