Dossier - Liberté de la presse et liberté d'expression

Présente dans la Constitution française depuis 1881, la liberté de la presse est un droit fondamental de la démocratie. Pourtant, elle est régulièrement remise en question, aussi bien par certains dirigeants que par des groupuscules armés. Tour d’horizon des tenants de cette liberté, aussi bien objet de contre-pouvoir que véritable outil de soutien aux classes dirigeantes.
 

 (Pixabay)


Quel est le rôle des médias dans notre société ?

Les médias constituent l’ensemble des moyens de diffusion de l’information au public.  Chaque type de média utilise un langage qui lui est propre, selon le support utilisé (presse écrite, presse en ligne, médias audio et médias audio-visuels) mais tous, en tant que véhicules de l’information, remplissent un rôle essentiel qui n’a cessé de croître depuis l’avènement de la démocratie, même si ce rôle est aujourd’hui controversé. Lorsqu’ils transmettent une information juste, libre et éclairée, les médias constituent un rouage essentiel du débat démocratique. L’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclame dès 1789 que « la libre communication des pensées et des opinions » est un des droits les plus précieux de l’homme, appartenant à tout citoyen. En 1881, le législateur intervient pour affirmer la liberté de la presse. Les français restent particulièrement attachés à ces textes fondamentaux et en ont notamment témoigné lors de l’attaque sanglante perpétrée à l’encontre du journal Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Instruments démocratiques, les médias se sont eux-mêmes largement démocratisés : au cœur d’une véritable révolution technologique avec l’avènement d’internet et des réseaux sociaux, les médias sont aujourd’hui d’un accès immédiat et bon marché, sur une multiplicité de supports, et permettent la diffusion d’informations presque « en temps réel » à l’ensemble de la population, où qu’elle se trouve. Nous sommes tous devenus au quotidien de grands consommateurs de médias. Cette « consommation » entraine toutefois des dérives : certains journaux ont été rachetés par des groupes industriels et financiers liés au pouvoir politique et de nombreux citoyens doutent de leur indépendance. La soif d’informations immédiates rend par ailleurs encore plus cruciales les questions de la vérification de l’information et de la restitution d’une information non déformée. Monsieur Martin Bouygues, président du groupe du même nom, en a fait l’amère expérience début mars 2015 lorsque sa mort a été annoncée par erreur par l’AFP et que cette information a été relayée par les différents médias. Certains se targuent également de pouvoir manipuler les médias qui ne prennent pas toujours le temps de vérifier leurs sources, à l’instar de Ryan Holiday, ancien directeur marketing de l’enseigne American Apparel, dans son livre Croyez-moi, je vous mens : confessions d’un manipulateur des médias. Ceux-ci sont un formidable vecteur d’information et d’éducation dans notre société mais doivent donc obéir à des règles déontologiques strictes pour ne pas être détournés de ce but premier.

Une évolution vers l’universel
 

En France, les journaux ont commencé à se multiplier au début du siècle dernier, caractérisés par des titres aux opinions diverses, soutenant aussi bien des partis politiques qu’existant librement sans être affiliés à quelconque formation. C’est le temps de l’apogée de la presse écrite, des grands reporters et des tirages à millions trouvant un écho considérable auprès de la population. Aujourd’hui, avec l’évolution de la technologie, cette époque est révolue et la presse écrite a du mal à perdurer, la faute à Internet et à la télévision, théâtres de l’information en continu.
Notre quotidien est ainsi régi par les alertes actualité que nous recevons sur nos téléphones, permettant à chacun d’entre nous d’être au fait des derniers évènements s’étant déroulés aux quatre coins de la planète. Ces informations courtes, relatant de faits purs et simples, sont le présent de l’information en ligne. Les opinions se retrouvent le plus souvent dans les journaux, accompagnées des enquêtes de fond : deux éléments qui contribuent à la survie du papier, même si le public et le tirage sont moins importants. Frein aux grands quotidiens, Internet est toutefois devenu le théâtre d’une nouvelle forme de liberté de presse, s’ouvrant à tous ceux qui prennent l’initiative de lancer un site ou de donner leur avis sur un forum, entre autres. Ce « journalisme universel » tend à devenir la norme, le web possédant des capacités de développement et d’accessibilité extrêmement importantes.



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