Plus vite que la musique #14 : Kanye West, Grand Blanc

19/02/2016

Au coeur de polémiques en tout genre, Kanye West sort The Life Of Pablo, tandis que le jeune groupe français Grand Blanc épate avec son premier album
 


Kanye West - The Life Of Pablo : 4,5 / 5

Kanye et son égo, mais aussi son talent, sans doute de tailles similaires, pondent The Life of Pablo, successeur de Yeezus, deux albums séparant plusieurs évènements importants dans la vie du rappeur. Qu’on l’aime ou le déteste, Kanye West a le don de défrayer la chronique à chaque instant, et on a tendance à pense qu’il aime ça. En préparant ce qu’il appelle lui-même le « meilleur album de tous les temps », il a changé quatre fois son appellation pour finalement porter son choix sur The Life Of Pablo, référence à la fois à Saint-Paul, à Pablo Escobar et à Pablo Picasso. Autre choix, plus idéologique que commercial cette fois-ci, celui de distribuer l’album exclusivement sur le service de streaming musical Tidal, qui a placé l’application à la première place de l’App-store américain, mais également poussé de nombreux fans de l’artiste à télécharger illégalement l’album. A l’écoute des 18 morceaux de celui-ci, les deux choix ne seront pas regrettés.
Kanye produit de moins en moins de beats entiers, préférant ajouter sa patte aux travaux des producteurs avec qui il travaille, se traduisant par l’ajout de samples ici et là. Sur des instrumentaux extrêmement variés, empruntant de nombreuses sections aux travaux d’artistes légendaires (Nina Simone, Isaac Hayes, Ghostface Killah, Johnny Guitar…) et même à des jeux vidéo (Street Fighter, NBA Jam), Kanye et ses guests évoquent toutes sortes de sujets avec un éclectisme qu’on se doit de saluer. La religion marque plusieurs morceaux : déjà évoquée dans le titre de l’album, on comprend en écoutant Ultralight Beam ou Low Lights que Dieu, si ce n’est pas Kanye lui-même, tient une importance toute particulière dans son existence. Les inspirations gospels de plusieurs morceaux, dont un sample de Pastor T.L. Barrett dans les deux parties de Father Stretch My Hands, rajoutent de la spiritualité à la première partie de l’album. Autrement, les autres thèmes des paroles sont sans rapport aucun avec Dieu. Ye parle de sa relation avec Kim Kardashian, de ses anciennes histoires – souvent à coups de punchlines bien trouvées -, de sa famille, de son passé, et surtout beaucoup de lui-même. Ode à sa réussite à différents niveaux, le morceau Facts présente ainsi sa réussite dans de nombreux domaines avec la modestie que l’on prête si souvent à Yeezy (« Yeezy jumped over Jumpman » ; « We made a million a minute »).



Lire la suite

 

Please reload