Syrie : un apaisement des tensions est-il possible ?

Pour la première fois en près de cinq ans de conflit, une cessation des hostilités a été appliquée en Syrie. La trêve initiée par les Etats-Unis et la Russie, qui a reçu l’aval de l’ONU, a été globalement respectée. Néanmoins, cette suspension des combats exclut les interventions contre les groupes d’Al Nostra et de l’Etat Islamique.
 

 (Wikimedia Commons)


Un cessez le feu orchestré par deux factions distinctes

 Le 22 février, les Etats-Unis et la Russie ont présenté les clauses d’un cessez le feu entre les forces du président Bachar El-Assad et les rebelles syriens. Ces clauses ne concernent néanmoins ni le Front Al Nostra, la branche Syrienne d’Al Qaida, ni l’Etat Islamique. Le lendemain, le gouvernement du président syrien a envoyé un communiqué acceptant les clauses de la trêve. Il a également profité de cette allocution pour annoncer les élections législatives qui auront lieu le 13 avril 2016. Du coté des rebelles, le Haut Comité des Négociations s’est engagé à tenir cette trêve, tout comme l’YPG, qui combat dans le nord et l’est du pays. Cependant la Turquie, par la voix de son président Recep Tayyip Erdogan, exige que les forces kurdes en soient excluent.

Ce traité, qui a pour durée 2 semaines, a été constitué par les Russie et les Etats-Unis, pays qui participent tous les deux à cette guerre mais dans des camps différents. Le premier défend le régime syrien, en s’attaquant principalement aux rebelles, alors que le second s’est engagé dans une coalisation mondiale contre l’Etat Islamique. Enfin, ce traité a également eu l’aval du conseil de sécurité de l’ONU.


Une trêve majoritairement respectée

Malgré la trêve, des tirs d’obus se sont produits près de la place des Abbasides à Damas ainsi que dans la région d’Alep. Si l’on omet ces incidents, l’accord sur la cessation des hostilités a été respecté dans le nord et l’ouest du pays. Du côté des Russes, officiellement engagés dans le combat depuis le 30 septembre 2015, aucun raid aérien n’a été effectué. Pourtant, quelques heure avant le début du cessez-le-feu, ils ont mené de violentes frappes contre les positions des rebelles.
Hors de la trêve, l’Etat Islamique et le Front Al-Nostra en ont profité pour commettre des exactions. Le prétendu califat a commis deux attentats dans la province de Hama, qui est situé entre Damas et Alep, ces attaques ayant couté la vie à 6 personnes. Quant à la branche syrienne d’Al-Qaida, la situation est plus compliquée, puisqu’elle est plus ou moins intégrée dans les troupes rebelles. Elle a par ailleurs appelé les rebelles a rejeter cet accord, dénonçant «une tromperie de l’Occident et de l’Amérique » dans le but d’intensifier les combats contre le pouvoir alaouite.

Ce répit va également permettre d’acheminer une aide humanitaire aux civils qui sont les grandes victimes de cette guerre. Depuis le début du conflit en 2011, on recense en effet près de 260 000 morts et un exode qui a touché la moitié des habitants du pays. 5 à 6 millions de ses habitants ont également fui le pays.


Lire la suite

 

Please reload