Lettre ouverte

24/03/2016

 

 
A toi, la Paix.

 

Est-ce qu’on en a pas marre ? Simplement, marre. Marre de devoir se rassembler parce qu’une bande de fadas a décidé de se faire sauter, au beau milieu d’un aéroport, d’un hôtel, d’une plage. Marre de devoir agiter ostensiblement nos symboles. La liberté, elle est là, on l’a conquise, on la tient, et on ne la lâchera pas.

Marre de payer. Parce qu’une bande d’illuminés n’a pas su se donner une raison de vivre, ils font sauter une nation. Evidemment, nous étions Charlie, nous étions Istanbul, nous étions Grand Bassam, nous sommes Bruxelles, et nous sommes unis. Mais que serons-nous ? Condamnés à attendre la prochaine crise de démence de ces fous ?

Marre de ces victimes. Ces vies enlevées, et ces blessés, évidemment, leurs familles, leurs proches sans aucun doute. Ces populations, ces drapeaux en berne, ces nations en pleurs. Ces croyants condamnés à supporter toujours plus d’amalgames. Ton voisin, qui va encore t’affirmer que de toute façon, lui, il n’aime pas les musulmans. Ce con ne comprend pas. C’est une victime lui aussi, victime de l’ignorance d’une religion, elle aussi prise à partie par cette démence. Victime, encore, la jeunesse. Celle des villes, la jeunesse psychose, qui serre les poings sur les terrasses des cafés, et dans les salles de cinéma. Celle des campagnes, qui se sent dépassée par les préjugés des médias, et les réalités qu’on lui impose. La jeunesse qui ne veut pas se sacrifier, qui ne veut pas céder, mais qui se sent impuissante.

Alors on va continuer à vivre. Libre, égaux, unis. Sur les terrasses, dans les hôtels, les lieux publics. On criera au vent notre rage, et aux flots nos espoirs.

De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

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