Le journal satirique d'un étudiant anonyme du 27 mars : le quotidien en grève

27/03/2016

 

Cher journal,
 

Comme tu le sais, ma fac est en ce moment même en train de se mobiliser contre les dérives ultra-libérales de notre cher gouvernement. Ce gouvernement est devenu autant de gauche que Cahuzac, un homme capable de creuser lui-même une mine de trois bornes sous les montagnes suisses pour planquer la monnaie que lui a rendue sa boulangère. Du coup, toutes mes activités étudiantes et vaguement intellectuelles, fondées sur le débat en cours, le partage d'idées et les bagarres idéologiques généralisées, sont totalement bloquées. Je me vois ainsi forcé à rester chez moi, contraint à glander pour la première fois de ma vie.
 

Et là, je sais ce que tu vas me dire cher journal. En effet, je pourrais très bien mettre mon temps libre à la disposition de la lutte. Oui, pourquoi pas, je pourrais enfin m'engager dans un véritable combat, qui concerne notre avenir à tous. Pourtant, et tu devrais le savoir, je suis aussi frileux en termes d'expression politique qu'un journaliste culture du monastère de France Musique. Ne suis-je pas là à te parler de façon totalement anonyme, ayant peur que l'on découvre ma véritable identité de bourgeois capitaliste, isolée derrière quarante couches de laine de verre directement découpées dans la virginité du canapé rouge de Michel Drucker. Mon manque de subversivité et de conviction m'empêche de porter la moindre cause valable d'être défendue, préférant me lessiver le cerveau devant des vidéos de chats, partagées sur Facebook par des « amis » que je garde par pur trip égocentrique. Sauf que cette activité est rapidement lassante, d'autant que mon équilibre mental ne repose que sur mon amour-propre, de plus en plus détérioré par mon absence d'actions.


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