Le journal satirique d'un étudiant anonyme du 10 avril

10/04/2016

 
Cher journal,
 

Cette semaine, très grosse envie de devenir un journaliste d'investigation. Ces hommes et femmes exemplaires ont récemment reçu les lauriers de toute leur profession pour leur travail, devenant ainsi les nouvelles idoles des jeunes et des moins jeunes, quand on sait que même ma tante de 92 ans a suivi la dernière enquête de La Villardière sur le banditisme à St-Germain-des-Prés. Le journalisme d'investigation, quel beau métier, surtout quand il s'agit de couvrir des affaires scandaleuses, frauduleuses et impliquant une surexposition médiatique jusqu'à ne plus pouvoir entendre le mot « enquête » sans regretter l'abolition de la peine de mort.
 

Lundi dernier, alors que je bave sur les bandes-annonces alléchantes du Cash Investigation prévu pour le lendemain, je me mets soudainement à fantasmer sur cette belle profession. Devenir journaliste d'investigation, quel bonheur à portée de main. Ce doit être un véritable paradis, entre la possibilité de faire chier tout le monde (mon rêve), de se faire aduler par la foule (applaudissez-moi !), de recevoir les honneurs (la thune bordel !)... Bref, que des avantages. De plus, le journalisme semble en perte de vitesse, surtout depuis que tous les blogueurs et autres populistes d'Instagram se sont renommés journalistes parce qu'ils révèlent à tout le monde le mauvais étiquetage des rouleaux de PQ dans un rayon aléatoire du Carrefour de Clichy-Sous-Bois. Ce n'est pas du journalisme, c'est juste de la blague. Depuis, des sites aussi prestigieux et déontologiquement irréprochables que Buzzfeed, Démotivateur ou encore LikeMaPhotoDeChatonSinonJeTeMauditsSurDouzeGénérations se sont emparés progressivement de ce qui restait d'Internet.


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