"PD" et salons de coiffure : quand les prud'hommes sont dépassés

10/04/2016

Pour les prud’hommes, traiter un homme de « PD » ne constitue pas une insulte homophobe, surtout si elle est prononcée dans un salon de coiffure. Retour sur une décision aussi inattendue que ridicule.
 

 (Pixabay)
 

L’affaire a commencé il y a dix-huit mois, en octobre 2014. Un jeune homme en période d’essai dans un salon de coiffure reçoit un message rempli d’amour de sa manager : « je ne le garde pas […] je ne le sens pas ce mec : c’est un PD, ils font tous des coups de putes ». Le jeune coiffeur était simplement malade, mais en retournant le lendemain au travail, il allait effectivement voir sa période d’essai se terminer prématurément. S’estimant insulté et mis à pied à cause de sa présumée homosexualité, l’homme entame une procédure judiciaire contre son employeur, assisté par le Défenseur des Droits qui défendait sa version des faits. En se basant sur celle-ci, il ne faisait quasiment aucun doute que le jeune coiffeur obtiendrait gain de cause. Mais c’était sans compter sur la malice de la défense, arguant que le terme utilisé par la manager ne constituait pas une insulte, puisque « pédé » est un mot rentré dans le langage courant, même si l’employeur a tout de même reconnu que le sms envoyé était inapproprié. Car l’affaire résidait aussi sur la décision de mettre fin à la période d’essai du jeune homme, la défense a également déclaré que ce dernier « refusait d’exécuter certaines tâches », qu’il « travaillait lentement » mais qu’il voulait malgré tout accéder rapidement au poste de manager. Des propos qui tiennent la route, si l’on exclut la partie homophobe, qui n’a, semble-t-il, pas choqué le tribunal des prud’hommes !


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