Le journal satirique d'un étudiant anonyme du 16 mai : à temps partiel

16/05/2016

 

 

Cher journal,

Comme ça fait un mois que je ne t'ai pas ouvert, tu n'as pas intérêt à faire ta fine bouche parce que je t'écris un lundi. C'est la Pentecôte, un formidable jour férié bienvenu dans le tourbillon émotionnel qu'est cette difficile période de partiels. Ayant eu une semaine assez chargée, je m'accorde un week-end de repos. J'ai ainsi pu mettre à profit mes talents de procrastination, reconnus par les instances olympiques.

 

Durant la semaine, j'ai eu la bonne idée d'avoir beaucoup de boulot, tout en n'ayant absolument rien foutu depuis ma naissance. Lundi matin, arrivant en salle de partiels, détendu et sans avoir révisé, je me dis que de toute façon, ma prof sera bientôt lynchée par une bande de grévistes sauvageons, défendant l'honneur des étudiants exploités et permettant aux imbéciles dans mon genre de dire « Quel dommage... Et dire que j'avais révisé ». Mais alors que notre enseignante distribue les sujets, que vois-je ? Justement rien ! Mes camarades mobilisés ne se présentent pas pour tout bloquer et déclencher un nouveau soulèvement populaire de gauche, tel que Mai 68 ou la Manif pour tous. Pire encore, je vois certains de ces mêmes mobilisés assis gentiment devant une table, une feuille double et un stylo offert par la Banque Populaire, trahissant le dernier morceau d'idéal, hérité du révolutionnaire Robert Hue, traînant dans leurs semelles. Décidément, la mobilisation, c'est plus ce que c'était. Évidemment, j'ai raté mon partiel. Ma confiance en la gauche, qui est censée sauver tous les gens dans le besoin, s'est instantanément effondrée. Plus j'attendais le sauveur des étudiants, le célèbre SuperGauchiste, et plus je n'écrivais rien sur ma copie. Plus l'aiguille avançait sur l'horloge, et plus je me rendais compte que la politique, c'est de la merde.


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