Plus vite que la musique #12 : Trip-hop, famille blanche et albums cultes

Deux critiques et deux anniversaires au programme de cette 12ème édition du Plus vite que la musique.

 

Tricky - Skilled Mechanics : 2,5 / 5

 

Pionnier du trip-hop, Tricky s’est installé à Berlin pour enregistrer Skilled Mechanics, son douzième album, qui sort aujourd’hui. Utilisant les codes du genre dans une version plus moderne, l’artiste britannique nous offre une œuvre mitigée. Sur les terrains musicaux depuis 25 ans, Tricky n’a plus rien à prouver. Ancienne figure emblématique de la première période de Massive Attack, puis auteur d’un des meilleurs albums de trip-hop de l’histoire avec Maxinquaye en 1995, l’auteur-compositeur mène depuis une carrière à soubresauts, qui a le mérite de faire perdurer le trip-hop à travers les années. Dans Skilled Mechanics, nous avons droit aux vestiges de la période dorée du genre : Tricky retourne aux paroles rappées, s’entoure de musiciens talentueux (dont le batteur Luke Harris, omniprésent), et continue de faire appel à des voix féminines, en écho à son travail d’il y a 20 ans avec Martina Topley Bird. Ces invitées font forte impression, notamment Francesca Belmonte, qui illumine We Begin, morceau dans la plus pure tradition trip-hopienne, basé sur un instrumental épuré qui se développe à mesure que les secondes s’égrènent pour laisser la place à un duo corde-voix, le tout en moins de deux minutes. Pour le reste, Tricky se charge de tout, chantant sur un rythme berçant tout le long de Diving Away, l’un des meilleurs morceaux de l’album par sa douceur, et rappant sur le morceau suivant, Boy, dans lequel il se rappelle son enfance difficile – sa mère s’est suicidée alors qu’il n’avait que quatre ans – au-dessus d’un rythme simple mais entraînant, qui s’accorde parfaitement avec l’alternance parlé-chuchoté qui fait partie intégrante du style du chanteur anglais. Certains morceaux ne sont de leur côté pas à la hauteur : Beijing to Berlin, en duo avec la rappeuse chinoise Ivy, contraste trop avec l’ensemble et ne lui apporte absolument rien ; Well souffre d’un manque d’attrait malgré la voix accrocheuse de Tricky ; I’m Not Going est quant à lui légèrement répétitif. Au final, les bons et les moins bons moments se succèdent, mais Tricky réussit encore à poser sa patte sur le trip-hop en tâchant de lui apporter des éléments issus d’autres genres musicaux, comme la soul et l’électro. 


Lire la suite


 

Please reload