Remain ? Leave ? Telle est la question pour l’Angleterre, qui votera le 23 juin prochain son adhésion à l’Union Européenne.
 

Et les images tournent en boucle sur la chaine d’information SkyNews. Et les jingles colorés et rythmés apparaissent, et réapparaissent. IN ? OUT ? Le débat fait rage, et les deux camps occupent l’espace. Ce soir, David Cameron, premier ministre britannique et leader des défenseurs du REMAIN est l’invité de la chaine SkyNews pour défendre ses arguments. L’échange a duré un peu moins d’une heure. Après une vingtaine de minutes de débat avec le spécialiste politique de la chaine, le premier ministre à répondu aux questions d’un public dubitatif. Autant l’écrire dès maintenant, les questions, et les réponses du Premier Ministre britannique ont majoritairement porté sur l’immigration et l’économie.


 

« L’économie européenne commence à s’en remettre (de la crise économique), regardez l’Allemagne, le France, ce n’est pas le moment de quitter le marché commun »
 

D. Cameron effraie son audience plus qu’il ne la rassure. Quitter l’Union Européenne serait synonyme de choc pour l’économie britannique. Il prend le public à témoin : « l’industrie automobile britannique est très prestigieuse et nous pouvons l’exporter dans l’Union Européenne sans taxe. Si nous quittons l’Union Européenne, c’est 10% de taxes sur la vente de voitures en Europe. Ca aurait un impact réel sur les emplois, et l’économie anglaise. ». Il met en avant l’Union Européenne comme un marché plus gros que la Chine ou les Etats-Unis. Quand un spectateur le questionne sur la toute puissance de la législation européenne qui dépasse la souveraineté britannique, David Cameron répond qu’il est nécessaire d’avoir une législation commune pour commercer. Comme un refrain, il rappelle qu’en cas de victoire du Leave, il faudrait négocier avec chaque pays une réglementation des échanges.

 


« Il y a des bons moyens de contrôler l’immigration, et des mauvais. En Angleterre, vous devez trouver un travail dans les 6 mois, et ensuite travailler pendant 4 ans avant d’avoir accès à la totalité de notre système, nous pouvons aussi les renvoyer chez eux ». 
 

Le deuxième grand sujet de cette campagne est la crise des réfugiés en Europe, et la gestion des l’arrivée de migrants en Angleterre. Le public anxieux interpelle le Premier Ministre : « Ma fille n’arrive pas à trouver un emploi puisqu’un réfugié plus qualifié l’a obtenu », lui assène une femme du public, une autre spectatrice l’interpelle violemment sur le fait que l’Union Européenne collabore avec la Turquie. David Cameron rappelle que la Turquie ne va pas intégrer l’Union Européenne dans les prochaines décennies, mais qu’il est nécessaire de travailler avec eux pour gérer cette crise migratoire.
 

Le Premier Ministre est apparu ferme, certain de la valeur de ses arguments. Il a à plusieurs reprises mis en avant les spécificités de la Grande Bretagne dans l’Union Européenne. La monnaie et la non adhésion à l’espace Schengen sont pour lui une force qu’il n’est pas prêt à remettre en cause. « Evidemment, je suis parfois en désaccord avec les décisions de l’Union Européenne, mais nous n’avons pas un référendum pour savoir si on est d’accord avec tous les décisions de l’Union Européenne. Sans nous, les 27 autres pays prendraient les mêmes décisions pour le continent européen, mais nous serions à la fenêtre à essayer de suivre le rythme. »


Il évoque, en ironisant, la possibilité d’une troisième guerre mondiale. A travers cette image, il rappelle le rôle pacificateur de l’Union Européenne, qui depuis les deux conflits mondiaux du XXème siècle assure la paix. L’homme effraie son audience avec les potentielles conséquences du Brexit. Il se dit prêt à collaborer, notamment lorsqu’on lui rappelle son rapprochement récent avec Sadiq Khan, le nouveau maire de Londres, et avec ses opposants politiques pour la campagne du Remain. Il explique que même si il est en désaccord avec lui sur de nombreux points, l’adhésion à l’Union Européenne reste la priorité.

Demain soir, vendredi soir, ça sera au tour de Michael Gove, défenseur du LEAVE, de se confronter au même exercice.