Syrie : fin de trêve et crime de guerre

(AP)

Lundi 19 septembre, un convoi humanitaire a été touché par un raid aérien en Syrie. En plus des 12 personnes tuées, l’inquiétude plane de nouveau sur le peuple syrien, quelques heures après la fin de la trêve.

Le raid aérien qui a frappé un convoi humanitaire dans la province d’Alep pourrait, selon l’ONU, s’agir d’un crime de guerre. Le bilan est lourd, puisque au moins 12 humanitaires du Croissant-Rouge ont perdu la vie. Pour rappel, Le Croissant-Rouge est, avec la Croix-Rouge, le plus important regroupement d’organisations humanitaires au monde.
Toujours selon L’ONU, le raid meurtrier aurait abimé une dizaine de camions en destination d’Orum Al-Koubra, pour venir en aide à plusieurs milliers de syriens. Alors que la tension monte, de ce massacre force est de constater que la trêve n’aura pas duré longtemps et pire, qu’elle n’était en réalité qu’un simple « sursis » dans la question du conflit syrien.
Depuis ces évènements le débat prend de plus en plus d’ampleur. Le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien a même déclaré que « s’il s’avère que cette attaque impitoyable a délibérément visé des humanitaires, alors elle équivaut à un crime de guerre ». Cette annonce qui a largement fait le tour des médias, atteste de la gravité de la situation. Après l’annonce de la fin de la trêve, les frappes aériennes contre Alep ont causé la mort d’au moins 36 personnes selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.


Moscou et Damas démentent toute implication
 

Les Etats-Unis fulminent. En effet, ce « crime de guerre » survient après que les Etats-Unis et la Russie aient été en désaccord après qu’une frappe de la coalition internationale s’est abattue sur des positions pro-régime El Assad.
Même si nul n’est en mesure d’affirmer avec certitude qui est le responsable de la frappe du convoi, et sans directement accuser Moscou, les Etats-Unis comptent bien soulever la question auprès de la Russie. L’armée syrienne, qui, on le rappelle, compte parmi ses alliés la Russie, a démenti au lendemain de l’attaque du convoi tout lien avec le raid. Selon Lci.fr, Le général Igor Konachenkov remet même en cause l’idée d’un raid : « Nous avons étudié attentivement les images vidéo des soi-disant "activistes" présents sur place et nous n’avons pas trouvé de signes de frappes sur le convoi par des armes. Il n’y a pas de cratère, la structure des véhicules n’est pas endommagée et ils n’ont pas subi le souffle d’une frappe aérienne ».
Le président Assad a quant à lui accusé les Etats-Unis d’être à l’origine d’une frappe aérienne contre son armée, samedi dernier, qui a fait plus de 90 morts. La coalition, plaidant l’erreur, s’est justifiée en affirmant que ce bombardement devait toucher des djihadistes de l’EI. Pourtant, pour Damas, ce bombardement était bel et bien un acte délibéré.

 

La trêve en débat
 

John Kerry, secrétaire d’Etat américain, ne pense pas que la trêve des combats en Syrie soit « morte » avec les frappes du convoi humanitaire, et ce malgré la reprise des bombardements dans ce pays en guerre, et sur lequel tous les regards sont portés, notamment, dans la lutte contre Daesh. En plus de cette assertion, John Kerry a ajouté qu'il comptait revoir cette semaine son homologue russe Sergueï Lavrov.


Si l’objectif est bien de relancer le processus diplomatique, les puissances mondiales en auront débattu ce mardi 20 septembre à New York lors de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.