Syrie : vers la fin de la guerre civile ?

Une nouvelle phase de négociations s'est ouverte hier dans la capitale syrienne Damas. L'occasion de trouver un terrain d'entente définitif entre les différentes parties ?

 

Après la précédente phase de négociation qui a eu lieu entre le 14 et le 24 mars dernier et qui s'était terminée sans avancée majeure pour l'avenir de la Syrie, la nouvelle phase de négociation qui s'est ouverte le 13 avril dernier s'annonce cruciale pour les deux parties. L’émissaire de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a précisé lundi lors de son voyage à Damas que les négociations auront pour objectif de « se concentrer sur la transition politique, sur la gouvernance et sur les principes constitutionnels ». Elles vont donc chercher à trouver un terrain d'entente pour une transition politique en Syrie. Cependant, ces négociations risquent d'être lentes et laborieuse d'autant plus que c'est la première fois que les représentants du régime et ceux de l'opposition vont se rencontrer et discuter autour d'une table. De plus, la trêve signée le 27 février dernier entre l'opposition et le régime est de plus en plus mise à mal, du fait de l'intensification des affrontements et l'offensive sur Alep menée par les troupes de Bachar Al-Assad, encore détenue par Daech aujourd’hui.
 


Des intérêts incompatibles

 

Le choix de rouvrir les négociations le 13 avril n'est pas anodin. En effet, en choisissant le jour des élections législatives dans la zone encore contrôlée par les forces de Bachar Al-Assad en Syrie, Staffan de Mistura montre qu'il n'accordera plus aucune légitimité aux actions du régime quant à l'avenir politique de la Syrie tant qu'un accord n'aura pas été trouvé. Les représentants de l’opposition sont donc arrivés mercredi alors que ceux du régime devraient le faire le 15 ou le 16 avril. Cette arrivée différée jette avant même le début des négociations un froid sur le débat. Débat qui a peu de chances d'aboutir tant les deux camps semblent campés sur leurs positions. L’opposition ne veut pas entendre parler d'une transition avec Bachar Al-Assad à sa tête tandis que le régime refuse toute création d'un organe de transition le jugeant contraire à la constitution du pays. Si l'ONU ne trouve pas de solution qui satisfasse les deux partis, la guerre civile syrienne risque de s'éterniser, ce qui rendrait la lutte contre l’État Islamique plus difficile qu'elle ne l'est déjà et retarderait la possibilité de la reconquête du territoire syrien.

(Khahn Renaud/Zumapress)