Le transhumanisme, passion d'avenir

Objet de nombreux fantasmes depuis bien longtemps, l’amélioration de l’être humain grâce à la technologie semble être de plus en plus au centre de nos préoccupations, qu'elles soient éthiques ou scientifiques.
 

En effet, n’étant plus très loin de Bienvenue à Gattaca ou 1984 et ayant déjà atteint Big Brother, chacun prend position : faut-il être pour ou contre l’amélioration de l’être humain par les machines ?

Sorte de recherche ou non du salut de notre âme dans un corps immortel, cette quête technologique nous entraîne dans un genre de mythe d’Icare dans lequel nous risquons à tout moment de nous brûler les ailes.

 

L’homme sait que la technologie peut faire des ravages mais il n’en reste pas moins attiré et fasciné, comme l’illustre la série Black Mirror qui s’interroge sur les effets néfastes d’un hypothétique usage abusif de la technologie : puces implantées dans le cerveau, réalité virtuelle, etc … Alors, comment aborder ce sujet aussi futuriste que complexe ?

 

 

Transhumanisme et post-humanisme

 

Le transhumanisme est un ancien rêve que la technologie actuelle permet de réaliser.

 

“Le transhumanisme c’est un mouvement philosophique, c’est déterminer notre position dans l’univers, c’est la définition d’un idéal qui vise aux grands rêves de l’humanité comme la conquête spatiale!”

 

Le transhumain est un stade entre humain et post-humain. Un homme ayant l’état de post-humain serait résistant à la maladie, connaitrait une jeunesse éternelle, contrôlerait ses désirs, ses humeurs et ses états mentaux avec l’aide de technologies comme les nanotechnologies avancées, le génie génétique, les thérapies anti-âge et les outils de gestions de l’information ou de molécules.

 

Ainsi, contrairement à son cousin, le transhumanisme, lui, est un courant de pensée dans lequel les idées se veulent plus terre à terre du fait qu’elle s’appuient sur les règles fondamentales de la physique.

Certains thèmes sur lesquels les transhumanistes travaillent sont les suivants :

  • La biomécatronique : l’intégration d’objets mécaniques et/ou électroniques dans le corps humain, telles que les prothèses, ou des dispositifs interagissant avec les muscles, le squelette et le système nerveux humain.

  • L’ingénierie du paradis : la création d’un sentiment heureux en permanence par la modification de l’activité dans les neurones…

  • L’augmentation permanente de l’espérance de vie

 

 

Afin d’en savoir plus sur ce sujet si riche, nous avons interrogé Florent Boissonnet, porte parole de l’association AFT (Association Française Transhumaniste) qui fait la promotion du transhumanisme auprès du grand public.

 

Lorsque l’on évoque le transhumanisme, on pense aux grands drames narrés dans le cinéma populaire très influent. Cependant le transhumanisme existe déjà plus simplement à travers des implants, des prothèses, des coeurs artificiels ou des greffes en tout genre.

 

Pour notre interlocuteur, le transhumanisme c’est aussi aller plus loin que “réparer”, c’est aussi améliorer. Il nous l’explique avec une image simple : un sportif peut se faire implanter un coeur artificiel pour lui permettre de contrôler son flux sanguin dans le but d’optimiser sa course.

 

“Le transhumanisme c’est le dépassement des limites naturelles par la technologie, la suite de l’utilisation des outils, comme la continuité du silex” Florent Boissonnet

 

Un point intéressant est soulevé par l’intéressé : la différence entre médecine qui répare et ne choque pas, et transhumanisme qui améliore et est controversée, une différence fictive selon lui.

Il souligne que la chirurgie esthétique est aussi une façade du transhumanisme : une modification directe du corps dans un autre but que celui du soin. Elle peut être considérée comme la première forme du transhumanisme.

 

Le transhumanisme et ses opposants

 

Les plus grands opposants au transhumanisme sont des religieux et des partisans de la nature et de l'écologie, des individus pour qui l’oeuvre de la nature est sacralisée.

 

Beaucoup nous expliquent que s’aider et être dépendants des machines est dangereux pour l’être humain qui n’apprend plus à écouter son corps et ne sait plus le réguler seul, exemple : les applications pour calculer les cycles menstruels.

 

D’autres sujets plus tabous du transhumanisme sont dénoncés tels que les risques d’eugénisme avec les détections prénatales ou encore les possibles atteintes aux libertés individuelles et à la démocratie. Craintes fondées puisque récemment un faux procès du transhumanisme a eu lieu à Paris afin d’essayer d’en poser les frontières et réfléchir à son implication dans la société :  "Nous voulons comprendre au regard du droit actuel comment peuvent être traitées ces questions philosophiques et sociétales liées au transhumanisme et imaginer comment cela pourrait évoluer", explique la revue juridique Dalloz.

 

Le transhumanisme et la recherche de l’être parfait laissent aussi transparaître une certaine menace pour la paix avec la création de soldats parfaits, insensibles... Une insensibilité déjà atteinte avec les drones qui permettent aux soldats de tuer à travers un écran d’ordinateur.

 

Il soulève de nombreuses questions, éthiques, philosophiques mais aussi économiques, politiques et sociales... et onstitue ce qui deviendra sans doute l’objet des plus grands débats du siècle à venir et n’est surtout pas à négliger, d’autant que les géants de notre monde, telle que la société Google, s’y intéressent de très près.

PAR LEA GORIUS
ET ENZO KREUTSER

PHOTO GERARD JULIEN - AFP

Lorsque l’on évoque le transhumanisme, on pense aux grands drames narrés dans le cinéma populaire très influent. Cependant le transhumanisme existe déjà plus simplement à travers des implants, des prothèses, des coeurs artificiels ou des greffes en tout genre.

Janvier, quand la rue est un nuancier

05/02/2019

Photos : les « gilets jaunes » à Paris le 8 décembre

09/12/2018

Cosplay is not Consent, la lutte anti-harcèlement à Paris Manga

25/10/2018

L’Ethereum Blockchain, solution des crises humanitaires ?

05/07/2018

1/8
Please reload