par Paul Idczak

Union Européenne :
Le Brexit revient sur la table

Question importante du mandat de David Cameron, l’éventuelle sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne est revenue dans les discussions des dirigeants du Vieux Continent lors du sommet européen de cette semaine.

David Cameron a du pain sur la planche. Le Premier ministre britannique, qui a promis il y a deux ans qu’un référendum se tiendrait avant la fin 2017 sur la question du Brexit, peine à faire valoir sa position face aux 27 autres pays membres de l’Union Européenne. Au sommet européen de cette semaine, Cameron espérait cependant arriver à des débuts de compromis au sujet de certaines de ses propositions qui pourraient permettre, selon lui, de convaincre les Britanniques d’accepter de rester dans l’Union. Parce qu’en effet, dans les récents sondages réalisés outre-manche sur le Brexit, la majorité des interrogés se sont dit en faveur d’une sortie de l’Union Européenne, une grande première depuis que la question est officiellement envisagée par le gouvernement.

Des demandes trop importantes

La Grande-Bretagne arrive à un tournant, et Cameron en a conscience. Les Britanniques attendent des réponses alors que l’euroscepticisme monte en flèche, particulièrement après les attentats de Paris, qui ont mis en lumière les problèmes liés à la régulation des migrations entre pays membres de l’espace Schengen - dont la Grande-Bretagne ne fait pas partie – et plus généralement, à la crise des migrants, qui sont nombreux à voir les îles Britanniques comme un eldorado. A ce sujet, David Cameron a proposé une mesure qui apparaît totalement irréaliste et surtout contraire aux traités de l’Union Européenne : la suppression pour quatre années de toutes les aides sociales pour les immigrés issus de l’Union Européenne, munis on non d’un emploi. Les autres demandes formulées par le Premier Ministre britannique sont plus à même d’être discutées. On trouve parmi elles une protection plus importante des pays non-membres de la zone Euro face aux décisions des organes dirigeants de celle-ci, un renforcement du pouvoir des parlements nationaux ainsi qu’une remise en question d’une clause du Traité de Rome évoquant « une union toujours plus étroite » entre les pays membres de l’Union Européenne. Problème : la grande majorité des dirigeants des pays membres de cette dernière ne souhaitent pas voir certains des principes fondateurs de l’organisation continentale remis en cause, même si cela pourrait éviter l'éventuelle sortie d'un des plus grands pays de l'Union.

L’UE inflexible

Par les voix du président du conseil européen Donald Tusk et du président du Parlement européen Martin Schulz, l’Union a exprimé son refus de céder aux demandes de David Cameron. Tusk a ainsi jugé certaines de ses propositions « inacceptables », tandis que Schulz a exprimé toute l’« inquiétude » des députés européens vis-à-vis de la position britannique. Cameron, qui espère que ses concitoyens voteront en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne, doit désormais espérer que les pays les plus farouchement opposés au Brexit, en l’occurrence l’Allemagne et la France, sauront trouver des solutions efficaces dans cette optique. En vue du référendum de 2017, les décisions ne devraient cependant pas se jouer au niveau des principes européens, mais au niveau juridique. Aujourd’hui, Cameron espère encore arriver à des solutions au lieu des compromis envisagés, mais ces souhaits paraissent assez utopiques, même si Angela Merkel a laissé entrevoir la possibilité de modifier certains textes européens, une modification qui, si elle a lieu, ne devrait pas s’effectuer avant de nombreux mois, voire plus . Ce qui est certain, c’est que si les choses restent comme elles le sont actuellement, les risques que la Grande-Bretagne sorte de l’Union Européenne sont réels, une éventualité qui n’arrangerait pas grand monde.