Société :
Un petit pas pour la femme...

Engie va devenir la première entreprise du CAC40 à compter une femme à sa tête. Pas qui paraît important pour l'avenir, il ne doit toutefois pas cacher le retard que la France possède sur les autres grandes puissances au niveau de la représentation féminine aux plus hauts postes entrepreuneuriaux et politiques.

 

Anciennement appelée GDF Suez, Engie est une multinationale française spécialisée dans l’énergie. En 2014, l’entreprise a affiché un chiffre d’affaires de 89 milliards d’euros, la plaçant au 3ème rang des plus grosses entreprises du secteur. Mais ce qui nous importe surtout, c’est que, pour la première fois, une femme va devenir la patronne d’un groupe du CAC 40. Depuis la création de l’index en 1987, ce n'était encore jamais arrivé.

Grand écart interboursier
 

Isabelle Kocher ! Voila le nom de cette première femme dans l’élite. Avant d’accéder à ce poste, elle a été directrice des opérations financières puis directrice de toute les opérations d'Engie. Elle a été choisie par Gérard Mestrallet, qui ne peut se représenter faute de l’âge limite de 67 ans, en 2014. Elle a démontré depuis toutes ses qualités, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables, un secteur important et prioritaire pour le groupe.

Cette success story est un bel exemple de la montée au pouvoir des femmes dans ce milieu patriarcal… mais c’est aussi le seul. Dans le CAC 40 il n’y a, jusqu'à bientôt, que des hommes, qui, de plus, sont tous français et ont au moins 50 ans. A qautre exceptions près : Alexandre Ricard, 43 ans, Laskhimi Mittal qui est indien, Thomas Enders, Allemand, et le Portugais Carlos Tavares. Par ailleurs si aucune femme ne dirige d’entreprise, elles sont quand même de plus en plus présentes dans les conseils d’administration. Cela a été en partie possible grâce à la loi Copé-Zimmerman passée en 2011, qui oblige les 40 grands groupes à avoir au moins 40% de femmes dans les postes à hautes responsabilités d’ici 2017. Aujourd’hui, seulement 9 entreprises ont atteint l’objectif. Pour comparer avec les autres pays, Il y a 7 femmes patronnes dans le FTSE 100, l’indice de Londres, et 24 dans le S&P 500 américain.

Impact des grandes écoles et main-mise masculine
 

Un autre exemple du conservatisme français dans les postes à hautes responsabilité est la place prépondérante des grandes écoles. Sur les 40 patrons du CAC, plus de 30 sont issus soit de HEC, de l'ENA, de l’Ecoles des Mines ou de Polytechnique. Il y a bien évidemment des exceptions, comme le sulfureux patron de Vivendi, Vincent Bolloré, qui est lui issu de Paris X, université publique française. Il y a également Martin Bouygues qui lui n’a pas même pas fait d’études supérieures, mais est l’héritier de l’empire du même nom, crée par son père Francis.

Dans les autres milieux, il est également assez difficile pour les femmes d’accéder à des postes à responsabilité. Depuis qu’il a été élu, François Hollande a mis en place la parité des sexes pour les ministres. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Il n’y a jamais eu de femme présidente, une seule a été Premier ministre - pendant 6 mois - et seule Ségolène royal est arrivée au second tour des présidentielles, avant de se faire battre par Sarkozy en 2007.  A l’Assemblée nationale, il n’y a pas de parité non plus, loin de la, puisqu’on compte seulement 155 femmes pour 577 députés au total.