par Rodrigo Mota Rodi

un regard sur são paulo

Moi, j’habite à São Paulo depuis toujours et j’aime beaucoup y habiter.  C’est la plus grande ville du Brésil et sa région métropolitaine est l'une des plus peuplées du continent américain. En tant que capitale économique et faisant partie des capitales culturelles du pays, São Paulo est très riche en tout ce que l’on peut imaginer, mais il y a aussi d’innombrables problèmes que nous nous efforçons de résoudre.

« Sampa », comme on l’appelle, essaie d’être une ville moderne, mais il y a une partie très traditionnelle et ancienne au centre-ville (le « centro velho »), avec de vieux bâtiments et ses rues commerciales populaires. Cependant, il est assez dangereux de s’y promener seul la nuit.


En même temps, nous avons le pôle économique sur l’Avenue Paulista, à la région de Pinheiros et à l’Avenue Brigadeiro Faria Lima, qui sont le reflet de la force d’une vraie ville du XXIe siècle ! Ah, l’Avenue Paulista... presque trois kilomètres de vibration pure. Aussi bien le jour que la nuit,  elle ne cesse jamais d’être animée. Entre les immeubles trop grands, les centres commerciaux, les cafés, les théâtres et les cinémas, ont récemment émergé quelques problématiques, comme l’inauguration des voies cyclables et l’interdiction de circulation des véhicules sur l’avenue le dimanche. Inspirée par quelques grandes initiatives mises en places dans des centres urbains comme à Paris et à New York, cette idée ne plaît pas à tout le monde, tout comme la plupart de choses que notre maire essaie de faire.  

 

AFP

Le maire, Fernando Haddad (du Parti des Travailleurs, comme la Présidente) a une nouvelle vision urbaine. Il essaie de moderniser la ville d’une façon peu orthodoxe. Il a conçu un plan envisageant de changer la façon dont les gens se déplacent, donnant plus de valeur – par exemple – au transport à vélo. Et, bien sûr, cela ne plaît pas à tous ceux qui aiment bien utiliser leur voiture. Cette initiative vise à reduire les émissions de gaz à effet de serre et à faciliter le transport en ville. Il y a un autre problème qui existe par rapport à l’urbanisme : le « minhocão » (traduction libre : un grand ver de terre), un pont de grande longueur qui relie un bout à l’autre de la région ouest de São Paulo. Il y a ceux qui veulent le faire démolir et ceux qui veulent le préserver. C’est donc une question très difficile à laquelle le maire doit faire face.

 

Quand on évoque la culture de São Paulo, nous sommes côte-à-côte avec Rio de Janeiro, bien sûr. En parlant de Rio, il est vrai qu’il y a une sorte de lutte entre les deux villes, une rivalité éternelle, avec les « cariocas » (les gens qui vivent là-bas), que ce soit au niveau du football, de l’accent, de la culture, de la nourriture etc. Enfin, nous cherchons toujours une façon différente d’être meilleurs qu’eux et vice-versa.
En ce qui concerne les activités culturelles, on trouve à São Paulo une gamme de musées, comme le MASP, le Musée de la langue portugaise et le MIS (Musée de l’Image et du Son, qui a récemment accueilli une exposition sur le cinéaste français François Truffaut), plusieurs endroits qui racontent l’histoire de la ville, de l’Etat et du pays, des centres culturels, le CCBB (Centre Culturel de la Banque du Brésil, qui a fait une rétrospective très vaste et complète sur l’oeuvre de Jean-Luc Godard) et le Centre Culturel São Paulo, entre autres. Dans les grandes lignes, on parle d’une ville qui respire la culture, toutefois les gens devraient porter plus d’attention à cela et en profiter davantage. Ma ville bien-aimée accueille également de nombreux spectacles de théâtre et de musique internationale tous les ans. C’est une ville connectée avec le monde !

Malgré tout, tout le monde ne peut pas profiter de ces privilèges : il y a beaucoup de gens qui vivent dans les péripheries en situation déplorable, souffrent de la pauvreté, de la violence et du chômage, surtout lors de la crise actuelle. Dans le même temps, ces gens-là en ont assez de la police qui tue indistinctement tous ceux qu’elle juge être des criminels.

 

Néanmoins, c’est incroyable que nous soyons également confrontés  à la fermeture de nombreuses écoles dans l’État de São Paulo en raison de la diminution des subvention, des fonds et des dépenses dans plusieurs secteurs, de façon que les écoliers finissent par être empêchés voire  d’étudier.

 

Au final, je pense que c’est dommage qu’une ville si belle, à mon avis, souffre de la corruption de ses gouverneurs et de la violence de la police, celle qui viole les droits des citoyens, en particulier des étudiants. Mais la ville que j’aime, parfois appelée « la jungle de béton », possède énormément de choses intéressantes à découvrir et redécouvrir. Elle est à la fois froide et chaleureuse, aimée et détestée, libre et dangereuse, animée et serieuse. C’est juste un regard sur São Paulo.

La violence policière

Le "Minhocão"

Le MASP les dimanches

Le maire Fernando Haddad sur l'Avenue Paulista

L'Avenue Brigadeiro Faria Lima

Rodrigo Mota Rodi, étudiant en droit à São Paulo, nous livre son regard sur la ville dans laquelle il a toujours habité.