par John R

Université Football Club - Journal de bord : les huitièmes de finale

John R. capitaine de l’équipe de Paris 8.

Mercredi 23 et jeudi 24 mars 2016.

Huitième de finale nationale universitaire CFDU- 1er tour des Play-offs. 

Le match : Université Paul Valéry Montpellier – Paris 8 Saint Denis

 


RDV à 17H Gare de Lyon
 

Prévoyant, le coach nous donne RDV une heure à l'avance... en donnant l'heure du train (18h07). Et forcément, il a fallu attendre les derniers instants pour en voir apparaître quelques-uns! On dit toujours que ce sont les noirs qui arrivent en retard et... c'est vrai!

Plus sérieusement, on attend ce rendez-vous avec impatience depuis longtemps. Personnellement, depuis le début de saison, je connais la date de ce huitième de finale national et ça été ma grande motivation chaque jeudi.
Certains se sont fait faire la coupe de cheveux pour l'occasion. Les sourires et les "chambrages"  sont au rendez-vous; tous les gars sont contents de se retrouver.  

D'ailleurs, le fait de partir la veille au lieu du matin du jour-J est intelligent. Cette initiative est à mettre au crédit de Pierre. Non seulement c'est sportivement (mise au vert) la meilleure façon de préparer le match ; d'autant qu'on pourra prendre notre temps le matin. Et en plus, c'est tout bénéfique pour la cohésion de groupe, pour partager des moments uniques.

 

 

Dans le train

Coach Pierre nous informe des places qui nous sont réservées: un groupe sera en bas, l'autre en haut. 

 

En bas,  Les anecdotes et les vannes fusent.  On parodie notamment le périscope de Serge Aurier version Paris 8 ; pour rire bien sûr. Bachir et Robert, qui étaient de l'aventure il y a 2 ans à ce même stade de la compétition, sont venus avec nous pour apporter leur soutien...clandestinement. 

Le reste du groupe est en haut avec le coach. L'ambiance y semble plus calme.

 

L'anecdote : Avant d'arriver à Montpellier, on a fait escale à Valence. Bachir ne connaît que le Valence d'Espagne, le fameux club de foot. On lui fait croire que le coach a pris des billets moins chers parce que le TGV passe d'abord par l’Espagne avant d'aller à Montpellier. Quand les nouveaux passagers prennent place dans le train, Bachir les salue avec des como estas et amigos...


 

Montpellier

Le groupe arrive à Montpellier dans la bonne humeur. Il fait nuit mais le climat est doux. On entend déjà quelques accents du sud. 

Nous devons prendre le tramway pour nous rendre à l'hôtel. C'est notre première visite nocturne de la ville. 

Officiellement, je peux vous dire que nous sommes tous allés dans nos chambres à 23H. Le coach est cool car il nous fait confiance et nous laisse gérer ça entre nous. En tant que capitaine, je suis pour que chacun fasse ce qu'il a envie mais sans abuser.  On dit que Ronaldinho ou Roberto Carlos étaient des gros fêtards qui dormaient à peine 3H par nuit. En même temps on dit que l'hygiène de vie est très importante pour préparer une compétition. Donc je crois aux 2 discours; après chacun doit savoir ce qu'il y a de mieux pour lui. 

En tout cas, passer une nuit à l'hôtel nous a véritablement soudé. 

 

L’anecdote : Quentin s’est rendu compte, seulement dans sa chambre d’hôtel, qu’il s’est trompé de valise avec un autre passager ! Stupeur…

 

 

Le lendemain matin, petit-déjeuner (à volonté!!) à 8H. Pendant ce temps, imaginez Bachir, compatriote camerounais de Quentin en route pour Perpignan pour récupérer la valise de son pote.

 Je ne sais pas comment l'expliquer, mais je sens bien le groupe; tout le monde a l'air bien réveillé. Comme il sait le faire, Pierre nous raconte quelques anecdotes des années précédentes sur le parcours de l'équipe. Sa mémoire est intacte. Il est coach depuis 1996, certains n'étaient même pas nés. "Aucune équipe de Paris 8 qui va à l'extérieur pour les huitièmes ne s'est qualifiée", "la dernière fois que Paris 8 est allé en quarts remonte à 2003". Quand Pierre en parle, il se rappelle de tout: des prénoms, des actions de match...même des trajets !! Sacré coach. Nous aussi on aimerait bien qu'en 2024 ou 2028, Il évoque  la génération 2015-2016.

 

Après le petit-déjeuner, nous avons une heure libre avant la causerie qui précédera le départ de l'hôtel.

Avec Robert, on en profite pour faire une petite promenade ensoleillée. On laisse Moussa regarder son feuilleton nullissime sur TF1 que je ne citerai pas.  Je profite de cette balade pour écouter mes musiques préférées et me préparer mentalement. Je visualise déjà ce que je vais dire avant le match, ce que je veux faire sur le terrain.

 


Au retour de l'hôtel, avant la causerie, 

 

A 10H, tout le monde descend avec sa valise pour la causerie du coach. En plus  des informations concernant le programme de la journée, il est temps de parler du match. Le coach nous donne alors la composition de l'équipe et ses consignes tactiques pour ce match. 4-3-3. Le seul hic, c’est l’état de la blessure de Guy « on verra comment ça se passe ». Au cas où, Ismaël se tiendra prêt. Tout comme Alex F, Gordon et Moussa.

Forcément, l'Université Paul Valery de Montpellier, qui a survolé son championnat régional, fait office de favori. A l'inverse, avec notre second semestre mitigé, l'après-midi s'annonce compliqué...sur le papier!

 

Avant 11H, sous un temps magnifique qui sent le printemps, nous quittons l'hôtel pour nous diriger vers le centre commercial de l'Odysseum. C'est notre balade de groupe. Les palmiers, le climat, les appartements roses ou jaunes visibles au loin, Montpellier est très agréable ! 

Très gentiment, le coach nous finance et nous laisse choisir librement notre repas au Géant Casino. 

On a pu se poser et manger au calme sur les gradins du théâtre Hélios, une place publique inspirée de l'amphithéâtre grec qui nous fait replonger dans l'antiquité.

La petite galère

 

Vers 13h, il est temps d'aller tranquillement prendre le bus qui fait son terminus au stade où nous jouons. 

Plusieurs bus viennent et vont, aucun ne correspond à celui qu'on veut. Bizarre. Le tableau d'affichage annonce 25 minutes d'attente !  Heureusement qu'on est en avance. 

Au bout de 30 minutes, toujours le même scénario: des bus "Hors service" nous passent devant. Ou des bus qui font leur terminus au centre commercial. A chaque fois, nous imaginons que " le prochain sera le bon" La délivrance se produit au bout de presqu'une heure; un nouveau bus hors service débarque et s'arrête devant nous. .  Une fois ce bus stationné, Pierre va voir le chauffeur pour lui faire part de notre galère. Le chauffeur appelle sa direction pour avoir des informations. Très gentiment, il se propose de nous emmener au stade des Grammont! Il est 13H48 et le match est à 14H30. Certains pensaient qu'il valait mieux partir à pied... quand je repense au trajet, avec nos bagages, je me dis "merci chauffeur !!"

 

 

Heureusement que le coach a déjà tout dit le matin. Il ne reste plus qu'à nous changer. Dehors, il fait beau et chaud. C’est la première fois qu’on jouera sous une telle chaleur. Heureusement qu’on s’y est habitué depuis le début de la journée.

Dans le vestiaire, la concentration est réelle. Il reste moins de 30 minutes avant le coup d’envoi. Malgré la petite galère de trajet, les gars restent sereins.

Imaginez-vous que pendant ce temps, Bachir a fait Montpellier-Perpignan pour récupérer les affaires de Quentin, qu'il est en train de revenir pour nous rejoindre directement au stade.

A l'échauffement, le groupe est attentif et vraiment ensemble. Je sens une grande motivation dans les regards et les gestes. J'adore ça!! On décide de raccourcir ce qu'on a l'habitude de faire pour garder de l'intensité pour nos adversaires. 

Pour la plupart des gars, c'est peut-être la première et dernière fois qu'on joue un match de niveau national. 

Je nous sens "affamés" et super motivés. A l'inverse, je sens les adversaires  moins...comment dire, beaucoup moins forts que ce que j'imaginais. Attention, ça reste une équipe solide avec quelques très bons joueurs qui me font comprendre pourquoi ils ont assommé leur région. Mais le papier fait plus peur que le réel. Je pense qu'on leur a fait l'effet inverse, donc tant mieux!

Pour faire simple, on a fait la meilleure entame de match de notre saison. Je n’ai jamais senti l'équipe aussi solide et généreuse dans l'effort que ce match. Très tôt, on s'est procurés une grosse occasion qui finit sur la barre transversale. Cette action illustre parfaitement notre début de match incroyable:

Walid est rassurant et confiant dans son rôle de gardien

Nos arrières sont très réactifs et empêchent tout danger. 

Nos milieux, en plus de jouer juste, n'ont jamais été aussi  dominants, 

Sur les ailes, Junior et Arnold font tourner la tête des arrières montpelliérains. 

Et Charles, auteur d'un doublé, est dans un grand jour!

 

J'ai un sacré client au marquage. Un joueur au petit gabarit, très explosif et très percutant qui prend le moindre espace avec beaucoup de malice.  Je vous garantis qu'il faut être prêt pour le contenir. Chaque lundi avec Junior, Arnold ou Jeffrey on se retrouve à la salle de sport de l’université pour justement préparer ce genre de duel. Et "le travail paye" comme dit tonton Junior!

 

A 0-2 à la mi-temps contre le favori, c'est important de rester lucide. Nous profitons de la pause pour nous réhydrater et prendre quelques vitamines naturelles. On doit repartir avec un état d'esprit aussi conquérant qu'en première période sans prendre nos buts pour acquis. Le coach redonne quelques consignes et nous encourage à aller chercher cette victoire. Moi, j'insiste sur le fait que rien n'est joué, qu'"on doit continuer à leur faire mal et rester très très concentrés car ces gars ont toujours marqué des buts".

La seconde période est plus disputée. Les Montpelliérains ont eu quelques actions offensives dangereuses mais il y avait toujours un Dionysien pour stopper la balle ou la ralentir.

 

A l'issue du match, nous célébrons notre victoire dans le vestiaire avec quelques cris de guerre intenses On joue au foot pour vivre de tels moments ! Le coach de Montpellier, fair-play, est venu dans notre vestiaire pour nous féliciter de notre performance et notre état d’esprit. 

Forcément le chemin du retour est plus agréable quand on gagne. Pour repartir du stade, on doit prendre un bus qui est supervisé par des contrôleurs. Or ces messieurs sont très sympas et nous laissent prendre le bus gratuitement jusqu'au centre commercial où nous avons tant attendu. L'ambiance est conviviale et très vivante. Dans le tramway, il y a un groupe très animé (par Bachir) qui met l'ambiance et tchatche avec quelques filles.  L'autre groupe, plutôt assis,  est plus calme et profite du paysage qui nous mène jusqu'à la gare. 

Encore une fois, Pierre nous offre le goûter et nous laisse choisir ce qu'on veut avant de prendre le TGV.

 

Cette fois, pour le trajet retour, on voyage tous dans la même voiture.  On partage ces moments avec joie, on reparle du match, on se chambre. Certains chahutent et s'interpellent, d'autres se reposent avec de la musique aux oreilles. Et Coach Pierre lit le journal.

On apprend les autres résultats, notamment ceux des 3 autres équipes parisiennes de notre ligue ; seule Paris 13 continue l'aventure alors que Descartes et et Diderot se sont fait sortir. C'est la première fois depuis 2003 que Paris 8 atteint ce stade des quarts de finale. 

On savoure ces derniers moments  de groupe ensemble avant l'arrivée à Gare de Lyon. 

 

L'anecdote : Le moment sympa de la soirée: à la sortie du train, nous décidons de faire une petite haie d'honneur surprise pour le coach qui nous a mis dans les meilleures conditions depuis le début du voyage. 

 

Je pense que chacun se souviendra très longtemps de ces moments précieux. Ce genre de moment fédère un groupe, renforce la confiance et booste le parcours universitaire. 

 

 

Prochain rendez-vous pour de nouvelles aventures : les quarts de finale !

 

 

John R