La crise gronde au Venezuela.  La semaine dernière, la Cour Suprême, considérée comme acquise au président Maduro, est accusée par plusieurs pays de coup d’Etat. Samedi, elle fait marche arrière, quelques heures avant des manifestations spectaculaires attendues dans la capitale. Retour sur un pays plongé dans une crise politique, économique et sociale.
 

Une semaine au sommet de la crise


Les acteurs :
 

  • Le Parlement est mené par l’opposition depuis les élections de décembre 2016

  • L’OEA, organisation des Etats d’Amérique

  • Le président chaviste Nicolas Maduro, élu en 2013

  • La Cour Suprême est considérée comme acquise au Président, aussi appelée TSJ (Tribunal Supremo de Justicia)

  • La MUD (Table pour l'unité démocratique), coalition d’opposition

  • La population vénézuélienne, qui souffre de la pénurie dans un pays où manquent 68% des produits de base.
     

Une semaine de troubles
 

Mardi 28 mars, le Parlement demande à l’OEA, organisation des Etats d’Amérique d’examiner une charte qui permettrait de sanctionner un gouvernement qui ne respecte pas le processus démocratique.
Mercredi, la Cour Suprême lève l’immunité parlementaire des députés, autorisant ainsi les actions en justice contre ceux-ci. Plusieurs membres de l’opposition, comme Léopold Lopez, sont déjà emprisonnés au Venezuela.
Jeudi, la Cour  Suprême enlève à l’Assemble Nationale son pouvoir législatif. Cette même cour avait au cours des dernier mois bloqué les décisions du Parlement, au motif de soupçons de fraude sur l’élection de trois députés. Cette décision de la Cour Suprême, lui permettant d’édicter les lois, avait été qualifiée de « coup d’Etat » par plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Brésil, le Canada, ainsi que l’Union Européenne, et l’OEA.

 

Vendredi, une proche du camp du président s’élève contre cette décision. Luisa Ortega, procureure générale du pays, dénonce une « rupture à l’ordre constitutionnel ». Plusieurs manifestations, des partisans et des opposants, ont eu lieu au cours de la semaine.
Samedi 1er avril, à quelques heures d’une manifestation massive demandée par l’opposition, la Cour Suprême fait marche arrière. Elle annule sa décision de s’octroyer les pouvoirs du Parlement, et revient sur sa décision d’autoriser au président des pouvoirs élargis pour légiférer à propos du terrorisme et du crime organisé.

 

Enfin,  ce mercredi 5 avril,  le Parlement annonce lancer une procédure pour destituer les magistrats de la Cour  Suprême. Le projet des députés doit encore être validé par une autre instance et n’a que peu de probabilités d’aboutir. 
 

Le président, impopulaire, face à l’opposition
 

Des affrontements entre le président vénézuélien et son opposition avaient déjà eu lieu plus tôt, en octobre 2016, quand les élections régionales avaient été reportées.  Nicolas Maduro, qui a succédé à Hugo Chavez en 2013, souffre d’une impopularité croissante, et l’opposition l’accusait alors de vouloir éviter de subir une défaite électorale. Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela, au pouvoir depuis 1999, a accusé une première défaite lors des élections législatives de 2015, qui ont vu l’opposition gagner l’Assemblée Nationale.
 

Un pays en crise depuis des années
 

Les aspects de la crise sont multiples au Venezuela. Le taux d’inflation, de 475% en 2016, pourrait atteindre 1660% fin 2017 selon le FMI. La pénurie se fait sentir pour la population, et 68% des produits de base manqueraient dans ce pays. Une des raisons de la crise ? 96% des recettes de cet Etat proviennent des revenus pétroliers et le pays souffre de la chute de son cours.
 

Mais selon Paul Vasquez, chargé de recherche au CNRS interrogé par France Info, le pétrole n’est pas l’unique cause de cette crise :
 

« Il faut bien comprendre que la crise dépasse largement celle de la chute du prix du baril de pétrole. L'État est en faillite. Ce qui s'effrondre actuellement au Venezuela, c'est tout le modèle socio-économique et politique mis en place par Hugo Chávez. La crise est la conséquence de quinze ans de politiques socio-économiques extrêmement dures, qui ont aujourd'hui de lourdes conséquences sur la population vénézuélienne. » 
 

Les manifestations ont depuis repris au Venezuela.
 

Comprendre la crise autrement :
 

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